poésie et textes imagés
sentir le vent sur sa peau, voir le sable tourbillonner comme un serpent fou
sentir une larme au coin de l'œil, voir la mer se fracasser dans un sanglot
je cours sur une plage infinie, un désert sans oasis, je suis seul et perdu
ni but ni envie, je navigue sur les eaux troubles de mon esprit endormi.
je suis lâche, je fuis, m'enfuis loin encore plus loin mais pas assez.
j'ai beau me cacher, faire semblant; même si ça va mieux certain jour
le souvenir vient me hanter inlassablement pour me rappeler...
j'ai eu beau déposer toutes les larmes de mon corps
les remplir de folie, de pardon, de décence, d’amour, de colère
rien n’y a fait le mal est resté intact, inscrit sur mon cœur à l’encre indélébile.
tout me revient: mon chagrin inconsolable à l’amour dont on m’a privé;
tous ces souvenirs qui m’ont plongé dans l’aliénation aujourd’hui me font pleurer,
la douleur était telle que j’ai failli perdre la tête, la fracassant sans cesse chaque soir
pour essayer d’oublier, non plutôt pour essayer de rendre supportable la douleur
qui me tenaillait au creux de mes entrailles comme un venin qui s’insinue à mon insu !
j’ai souvent cru ne pas avoir assez de force pour me relever et d’ailleurs maintenant
que je suis là à pleurnicher je crois bien que je suis encore genou à terre à supplier!
certaines brides de notre mémoire mériteraient d’être effacées
comme cette année dont la seule pensée que je garde fut celle du désespoir qui m’influait
je n’ai aucune souvenance si ce n’est la peine qui me cernait
et j’implore chaque jour le ciel d’oublier un peu plus, cet enfer.
voilà pourquoi je pleurs aujourd’hui
si on peut dire "voilà" car moi non plus je ne sais pourquoi mes larmes dessinent sur mon visage.